Depuis un an que je tiens ce blog, il y a un aspect de ma personnalité que je n'ai jamais mis en avant. Peut-être un peu ceci dit, mais pas au point de ce que je m'apprête à faire. Je ne l'ai pas fait avant parce que d'une part, aucune situation pouvant susciter chez moi de telles réactions ne s'est produite en un an et d'autre part parce que je me suis toujours refusé à tenir un blog de pd dépressif. Enfin, une précision tout de même, ce n'est pas dépressif, c'est névrosé et casse couilles.
Comme cela a pu transparaitre dans mon dernier post, j'étais littéralement à 2 doigts d'envoyer chier F. de façon phénoménale devant son silence radio, vraisembablement non justifié. Après un puéril jeu de cache-cache sur msn où j'ai pu le prendre en flag de m'avoir bloqué, sur un seul de mes deux comptes seulement (pas futé futé le F.), j'ai enfin eu la raison de son silence et très franchement, je me suis senti nul et très con : il s'est fait hospitalisé. Je ne rentrerai bien évidemment pas dans les détails mais rien de très grave apparemment, heureusement.
Ce soir, alors que je lui demande quand est-ce qu'il repart en Afrique pour six semaines, il me répond "mi-août". Je développe en vitesse un calendrier dans ma tête et réalise que c'est dans seulement trois petites semaines. J'hésite à lui casser les couilles, considérant qu'il est sorti cet après-midi même de l'hôpital et qu'il est encore un peu grogui mais finalement, je ne peux m'empêcher de lui lancer que je sens qu'on ne va pas se revoir d'ici là... Réponse : "j'ai du mal à plannifier là".
Je voulais arrêter la conversation là, tout ça était en train de me mettre de mauvaise humeur et il n'était pas très frais de son côté non plus mais mes réflexes à la con d'ado prépubère ont refait surface en masse en moins de temps qu'il n'en fallait pour que je tape ces mots "pour ce que ça vaut, et à titre purement informatif, je suis sur le point de rompre".
"C'est-à-dire?". Je lui explique donc que je suis sur le point de rompre avec le type que je voyais la dernière fois que nous nous sommes vus. Je n'allais biensur pas entrer dans les détails en lui disant que j'étais en train de péter un plomb de fréquenter un mec que je ne supportais plus (attention, je vais être trash, j'aurais prévenu), qui n'est pas foutu de lire entre les lignes, qui ne voit rien venir alors que ce n'est pas faute de balancer des indices du genre : je ne dormirai pas chez toi ce week-end, je ne t'ai pas passé un seul coup de fil depuis une semaine et que je reste très laconique dans mes répliques lors de nos conversations téléphoniques (parce que oui, je continue à décrocher, suis malheureusement poli). Un mec qui a le don de faire toutes les choses qui m'énervent au plus haut point, après avoir arbitrairement et de façon despotique fait mon planning du week-end, me sort la chose la plus irrélle à entendre au bout de trois rendez-vous : la rencontre avec sa mère. Oui, oui, vous avez bien lu. Je ne sais pas comment j'ai fait pour ne pas hurler au téléphone, ou tout simplement lui raccrocher direct au nez. Un glacial "pardon?" est sorti de ma bouche. J'étais déjà en train de l'écouter se la raconter à 10.000 et c'était déjà en train de bien me souler quand il a lâché cette bombe. Non mais sérieusement, ça va carrément pas dans ta tronche?! Au bout de deux RV avec moi, tu lui fais ton coming out (à 35 ans il était peut-être temps), en lui disant que tu "sors" avec un mec et en lui filant au passage mon prénom et ma profession (dieu merci il n'a jamais compris ce que je faisais dans la vie - sans importance) et une semaine plus tard la rencontre??
HELP
Bref, je m'égare.
F. ne réagissant pas spécialement à ça, j'ai pretexté aller me coucher et il s'est juste faiblement excusé de ne pas rentrer dans ce genre de conversation maintenant mais qu'il était vraiment naze et m'a souhaité bonne nuit en me faisant "plein de gros bisous" et "à très vite".
Ouais suis casse couilles et alors?
Et là je suis pris entre deux sentiments.
Le premier, c'est que je suis super énervé et que je suis en train d'essayer de me calmer en tapant ce post. Enervé de n'avoir vraiment pas eu de figure pour lui balancer, alors que la conversation ne s'y prêtait pas et qu'il n'avait rien demandé, que j'étais sur le point de lourder The Sticky and Pushy Dwarf(sorry). C'était pas fin, c'était juste nul et c'était un immense retour en arrière parce que ça sentait le relou et le casse couilles à plein nez alors que c'est typiquement tout ce que les mecs détestent. Et alors que j'avais réussi à progresser sur ce point, voilà que je refais dans la dentelle.
Le second est une sorte de soulagement comme si les choses devenaient plus claires. Inévitablement depuis la dernière fois que nous nous étions vus, je me suis mis à réfléchir très sérieusement à ce que pourrait donner une relation sérieuse entre lui et moi. Et je pensais que l'idée faisait son bout de chemin dans sa tête également. Finalement, je me rends compte que, une fois de plus, et là encore je regresse, je me suis fait mon petit film tranquillou-bilou dans ma tête, en solo, à écrire seul les deux rôles. En gros, quelque part je suis encore parti dans des fantasmes ou du moins des scénarii à la mord-moi-le-noeud qui n'auront été partagés qu'avec moi-même.
Tout ça pour me faire réaliser (il s'agit peut-être d'une piqûre de rappel qui devenait nécessaire et urgente) et me rappeler pourquoi mon rapport aux autres mecs avait autant changé ces derniers mois. Aujourd'hui, on ne me taxe plus de casse couilles mais de quelqu'un de froid et de distant ce que je prends, considérant le boulot qu'il y avait à abattre de ce côté là, comme un magnifique compliment couronnant des mois et des mois de travail sur moi et mon caractère de merde. Et finalement, la Reine des Glaces, elle ramène plus de mecs que Carrie Bradshaw.
Alors maintenant, je vais gentiment arrêter les fantasmes et autres conneries de ce genre, que ce soit sur F, ou Truc ou Machin et entreprendre un grand coup de ménage. C'est d'abord ma gueule, le reste on verra.
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